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La lucidité à grandes lampées de rhum
(Tergiversations tropicales)
II
Radamen, à grandes bouffées de crack
Radamen vit au coin de l'immeuble où je créchais durant un temps, sur la Duarte, au coin avec la Arzobispo Nouel, à un block d'el Condé. Pas dans une maison ni dans une de ces cabanes de bois qui abritent des familles entières. Non. Au coin. La maison qui fait l'angle a un toit qui déborde sur la rue, assurant à Radamen protection et refuge contre la pluie et le soleil. Il a une chaise sans dossier, m'enfin, un tabouret en plastique, et il reste assis là toute la sainte journée. Des fois, il dort dans le coffre d'un pick-up, quand les rues s'inondent de tant de pluie. Il est un peu comme Johnny Bushman, mais à la ville. De Radamen émanent une classe et une prestance qui laissent poindre en lui une personnalité autre que celle du vagabond qui arbore une barbe de combien ? - de jours et la même chemise à carreaux qui finit par se rigidifier. Quand il est en grand manque de crack, à savoir de plus en plus souvent, il se met à faire les cent pas sur ce qu'il considère comme son trottoir. Il gagne quelques pesos grâce aux pourboires que lui donnent les clients du colmado El Dume, situé en face de son coin. Pour les aider à se garer et pour surveiller leurs caisses pendant qu'ils s'abreuvent de bière en matant Sami Sosa donner de la batte sur l'écran fixé au mur du magasin.
Les aider à se garer. L'idée me fait rire. Lorsque arrive une voiture qui semble vouloir stationner, Radamen prend son air sérieux et responsable, voulant dire : « aqui es mi esquina, soy el encargado ! », puis il fait signe au conducteur de ralentir en tendant le bras en sa direction. Il tourne ensuite la tête de l'autre côté pour s'assurer qu'aucune voiture ne surgisse. La rue est en sens unique. Aucune voiture - sauf un mec bourré, ça arrive - ne peut venir de ce sens-là. Mais qu'importe ! Radamen doit donner l'impression de savoir ce qu'il fait, et qu'il ne le fait pas seulement pour s'acheter un rocher et se le fumer. Le temps qu'il tourne la tête, le type s'est déjà garé. Radamen s'approche cérémonieusement de la porte, côté passager s'il y a un passager, de l'autre si non. Des fois, il arrive suffisamment tôt pour ouvrir la portière. D'autres fois la portière est défoncée et ne s'ouvre plus, il doit faire le tour encore une fois pour capter l'attention du propriétaire du véhicule. Puis il avise ce dernier en lui assurant qu'il est son ami et qu'il surveillera son bien. D'une certaine manière, il n'est vraiment pas nécessaire. Le quartier est rarement dangereux et les gens laissent souvent leur voiture sans protection dans des zones bien pires. Mais la vérité est que s'il n'y a jamais de « tigres » à ce coin, c'est parce que c'est le coin de Radamen. Et personne ne veut faire chier Radamen.
Tout le monde le tolère et connaît plus ou moins son histoire. D'autant qu'il a la classe, Radamen. Quand je l'observe, depuis ma fenêtre, déambuler une main dans le dos, l'autre décrivant un léger mouvement circulaire parallèle à celui de ses épaules, le pas sûr et imperceptiblement syncopé, je sais que ce type a du charisme et que la vie ne lui a pas donné que du bon. Elle l'a conduit à travers des situations qui ont fait de lui ce qu'il est.
Radamen est du quartier. Il est né à deux blocks de ce coin, dans la même calle Arzobispo Nouel. Je crois que de temps en temps, une domestique ou une de ses soeurs lui apporte de quoi se nourrir. Mais il n'aime pas quémander à sa famille, qui l'a rejeté. Comme beaucoup de ses compatriotes, il a cherché la bonne fortune à Nueva-York. Comme beaucoup de son âge il a maintenant une cinquantaine d'année, Victor et lui étaient ensemble à l'école primaire il s'est laissé entraîner dans le cycle de l'argent facile, du trafic et de l'usage de drogues, et de tous les négoces qui en découlent. Mais il n'a pas eu la chance ni le temps d'en profiter réellement, comme le capo de famille qu'il aurait pu être. Simple gâchette à la courte carrière. Ganja, cocaïne, mais surtout héroïne ont rapidement détruit ses instincts de prédateur et ses réflexes de survie dans cette jungle que fut le NYC dominicain des années 70. Dix ans de taule ont fini de lui quitter la volonté nécessaire pour reprendre sa destinée en main. Radamen est rentré dans un restaurant, animé et chic. Il s'est approché d'une table. Il a parlé au débiteur de son boss qu'il était venu relancer. Le blanc-bec new-yorkais l'a provoqué en lui niant le courage de réaliser son travail dans un lieu public. Radamen a sorti ses deux flingues et a shooté la face du mauvais payeur, et celles de quelques « curieux qui auraient mieux fait de se faire un sandwich chez eux » (cf. Radamen). Jubilant de sa victoire sur le pauvre péquenaud américain qui se croyait malin à défier un héroïnomane, Radamen n'a pas pu récupérer ses esprits. Il est resté pantelant, les pistolets pendant le long de ses jambes, à regarder la cervelle qu'il venait d'écrabouiller, des hallucinations psychédéliques affluant à ses yeux depuis les chairs en bouillie. Un vide dans sa tête. Un rien, un instant de lucidité et il n'a pas bougé, alors que ses compères se taillaient comme la raison le leur recommandait. Il a attendu les sirènes de police retentir, au beau milieu de la clientèle du restaurant prostrée dans un immobilisme chargé de frayeur. Et il a fait ses dix ans de taule avant d'être expulsé vers son île et sa famille, qui l'ignorèrent à son retour. De la prison, deux choses lui sont restées. Sa manière de faire les cent pas sur une courte distance de seulement dix ou douze mètres la largeur de la cour dans laquelle les prisonniers fédéraux étaient autorisés à prendre l'air et à voir le ciel. Et sa manière bien particulière de parler anglais. Un anglais des bas-fonds new-yorkais dont rien ne laisse transparaître son origine latine. Plutôt black que latino. Avec Radamen, c'est soit en anglais, soit en espagnol. D'une phrase à l'autre il peut changer, mais jamais il ne mélange les deux dans une même sentence.
Radamen, il a la classe, il vit dehors et finalement il est heureux. Son seul regret, c'est d'avoir perdu l'estime de sa mère. Alors, dès que l'un des bougres qui se garent devant son coin arrive, il est disposé à se montrer le plus courtois possible, comme s'il voulait racheter sa conduite et la déception engendrée.
Pour avoir tué un homme de sang-froid, il a droit au respect des gamins. Pour avoir cette malice qui irradie de son sourire, et pour se montrer respectueux envers la gente féminine, il a droit à leur générosité. Un plat de poulet et de riz. Une illade dont la coquinerie laisse deviner le pouvoir qu'il a dû exercer sur les femmes. Pour ne se laisser emmerder par personne, il a gagné l'estime des hommes du quartier, qui lui payent une bière de temps à autre. Radamen ne boit pas de rhum. Je lui ai demandé pourquoi, un jour que j'étais moi-même bien imbibé et que nous partagions une bière à l'ombre de son coin. Il boit de la bière parce qu'il fait chaud. Et il ne boit pas de rhum parce que le « rhum rend fou » (cf. Radamen). Il a raison, certainement. Lui préfère devenir fou en fumant une petite pierre de crack. Il adore ça. Dès que les clients d' El Dume partent et que l'établissement ferme, il s'éclipse avec l'argent qu'il vient de récolter. Et on ne le revoit que le lendemain.
Une fois, il m'a emmené avec lui. J'étais déprimé. Je m'étais enfin amouraché d'une jolie et ingénue fille du crû. Ce soir-là, elle ne pouvait me voir, et la déception était telle que j'ai accepté de passer la soirée avec Radamen. Une soirée dans le plus pur style Radamen.
Il m'avait déjà procuré de l'herbe, mauvaise, chère et en petite quantité. Quand je me suis assis à ses côtés, à son coin, avec deux bières et des petits sandwichs à l'avocat comme ceux que Victor m'a appris à confectionner, au comptoir d'un colmado -, je lui ai fait part de mon désir de me fumer un joint. Comme ça, presque innocemment. Forcément, il s'est proposé. J'ai ri, lui rétorquant que la ganja qu'il m'avait vendue ne valait rien, et que ce soir je voulais fumer un joint qui me terrasserait vraiment. Qui m'enverrait danser avec les étoiles, qui me ferait n'en avoir rien à foutre de rien. Normal, quand une fille transperce mon cur, je perd cet instinct de survie qui me fait me détacher de la futilité de la réalité. Radamen me connaissait depuis plusieurs mois déjà, et il m'avait vu au bras de ma muchacha. J'ai lu dans son regard qu'il comprenait, et que s'il m'arnaquait cette fois encore, ce ne serait qu'un petit peu. En fait, au final, je m'en foutais pas mal. J'ai alors fait miroiter un billet de cent pesos en lui faisant comprendre qu'en aucune façon je resterais planté là à l'attendre pour finalement m'apercevoir que je l'attendais sans espoir de retour. Il a accepté de m'amener chez ce « cousin » (cf. Radamen) qu'il connaissait et dont il supposait qu'il vendait de l'herbe. Le cousin en question est l'un des pires dealers de la zone coloniale et des quelques quartiers aux alentours. Il s'avère que je l'avais déjà croisé plusieurs fois au casino Napoli, sur le Malecón.
El Gatto est connu. C'est un des pires tigres du quartier. Dents, chaînes et bracelets en or expliquent tout de suite que l'homme est fructueux dans son business. La principale différence entre lui et un quelconque tigre de la rue, c'est que ses dents et sa montre sont vraiment en or. Sinon, ils sont tous sapés pareillement : chemise de base-ball, pantalon extra large, pompes cirées rutilantes de tant de soins prodigués par les limpiabote et, s'ils ont vraiment de l'argent, un blouson en cuir de mauvaise coupe.
Ce soir-là, El Gatto en avait un en cuir de crocodile, du moins à première vue. Radamen était réticent à m'emmener avec lui, et il avait raison : l'endroit où nous nous sommes rendus m'a inspiré une certaine crainte. Je n'y avais pas ma place, c'est tout. El Gatto ne traite jamais avec ses clients, du moins pas avec ceux comme Radamen et encore moins avec un blanc-bec comme moi. Il trône dans une grande pièce avec terrasse au dernier étage d'un immeuble délabré. Du rez-de-chaussée au dernier étage vit une multitude de familles démunies, de pauvres ères désolés, de jeunes délinquants et de petites putes qui rentrent au petit matin chez leurs parents, les poches garnies de bons pesos qui nourriront la famille pendant quelques jours. El Gatto n'était pas content de voir une face d'étranger friqué dans son domaine réservé. Assis sur un confortable sofa digne de figurer dans le salon kitsch de ma logeuse pur style dentelles, porcelaines et bondieuseries El Gatto lissait tranquillement sa moustache pendant qu'une dizaine de ses amis, vêtus avec le même goût, se laissait divertir par autant de petites putes. De celles qui traînent à la sortie des casinos et promettent des full body massages avec seulement leurs lèvres charnues pour à peine deux cents pesos. Elles sont bonnes. Dans ce bouge, finis bachatta et merengue. Non, ici, les vrais malientes , les « zainas », les tigres de sus mamitas aiment le gros son, du jamaïcain, du portoricain, du panaméen. Une grosse basse syncopée qui fait se chalouper les chagasses, une multitude de sons inaudibles qui s'enchaînent, formant une espèce de mélodie très hardcore, et des voix qui s'égosillent à formuler les paroles les plus obscènes possibles : les Francotiradoes, MCs Joe et Blackmista, direct from Porto-Rico, broder, el Boss y the Squad, direct from la fucking PTY, mi fren ! Des coups de feu et des sirènes de police explosent à chaque changement de rappeur, histoire de leur rappeler qu'ils sont délinquants et que personne ne viendra les faire chier. Et tout le monde défoncé, parano. Au fond, près de la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse, un couple debout dansait dans les postures les moins équivoques qui soient. Elle n'avait plus qu'un minuscule short moulant. Lui, la ceinture débouclée grosse boucle argentée arborant les lettres dorées de son surnom : Sanky et la braguette à moitié dégrafée. Les seins à l'air, vigoureusement empaumés par les larges mains couvertes de bagues du tigre , la minette effectuait de sensuels mouvements du fessier contre le bas-ventre de son amant, surexcité par tant de poudre et de chair. La scène ne laissait aucun doute quant à la suite des événements. Petite pute et Gros salaud étaient prêts à se brancher et à court-circuiter la ville entière.
A part ce couple complètement déconnecté je n'ai pas pu voir ce qu'il se passait sur la terrasse ni dans les autres pièces le reste des occupants mâles de la pièce me fixait, chacun à leur tour, d'un air chargé de reproche. La parano n'était pas loin. Et moi, de trop dans leur petite fête que Radamen s'était risqué à déranger, sur mon insistance.
Celui-ci avait d'ailleurs disparu dans l'une des pièces situées au fond d'un couloir. Avant de rentrer dans l'immense corridor qui servait d'entrée à l'appartement d'El Gatto, il m'avait extirpé les cent pesos, prétextant qu'il était préférable de ne montrer aucun argent. Visiblement, le business n'allait pas se faire comme je le pensais, devant tout le monde. Un instant j'ai pensé à des raisons de sécurité. Mais la quantité de marijuana qui se consumait et attendait d'être consommée dans la pièce, la vision des blocs de coke et des immenses cuillérées que s'envoyaient les types m'ont aisément amené à réviser mon jugement. Ce n'est que quand j'ai vu Radamen sortir d'une pièce, quinze bonnes minutes après m'avoir abandonné au milieu des tigres moins bavards que la pierre, que j'ai compris de quelle manière il m'avait berné. Pas un seul des types ne m'avait proposé de tirer sur un joint, ni de me faire un trait. Si Radamen avait pu m'introduire là-dedans, c'est que finalement il était relativement accepté par ces gens. Une quelconque reconnaissance d'affranchi ? Une parenté réelle - El Gatto serait vraiment son cousin ? Aucune idée. Les seules certitudes que j'avais en sortant dans la rue maintenant sombre et pourtant toujours aussi chaude, c'est que je venais de déranger El Gatto de la manière la plus surprenante : en restant planté comme un con sans rien dire pendant quinze minutes en plein milieu d'une sauterie privée. Autre certitude : celle que Radamen venait de se défoncer avec mon argent, et que le minuscule sachet d'herbe qu'il me tendait n'allait pas me fracasser.
Je me trompais sur un point : cette beuh m'a vraiment mis K.O. Ce fut peut-être le buz le plus cher de ma vie : cent pesos. Mais c'est certainement celui qui m'a le plus délogé de l'espace terrestre. Aya la pinga ! Radamen et moi avons longé le Malecón jusqu'à la calle Nouel et le petit parc près de l'église. J'ai demandé à Radamen s'il avait des feuilles ou si El Gatto lui en avait donné. Il m'a taxé dix pesos et est parti au premier colmado, d'où il est revenu avec des haddocks, des bières et du papier de maïs, le même papier épais et jaune dont les commerçants du coin se servent pour emballer leurs produits. C'est épais et il faut beaucoup de salive pour le coller, mais c'est naturel et ça se fume bien.
Radamen m'a emmené dans l'un de ses coins secrets où il a l'habitude de se défoncer en douce, derrière l'église. En fait, entre l'église et l'abbaye qui la jouxte. D'après lui, il est le seul clodo autorisé à pénétrer dans tous ces recoins extérieurs de l'abbaye. Parce qu'il est né là, et parce qu'avec Radamen, il n'y a jamais de problème. Les moines le laissent fumer son crack, se branler, chier, baiser ses petites putes entre les fortifications de l'église, éclairé par les luminaires à déclenchement automatique qui servent à donner au bâtiment toute sa grandeur, même la nuit. Face au mur de l'abbaye, dix mètres devant moi, sous les fenêtres des moines, adossé contre l'un des contreforts de l'église où Radamen avait dû pisser plus d'une fois, j'ai roulé mon zouf. Voyant que je comptais le charger, Radamen s'est empressé de me convaincre du contraire, m'assurant que cette herbe était de la dynamite. J'en ai donc enlevé. Ça n'était absolument pas de la dynamite : c'était une bombe nucléaire, cette herbe. Coupée au crack. J'ai été vraiment défoncé. Ay, putain, vraiment très défoncé.
On a fumé le joint, puis on s'est installé sur un banc du petit par pour siffler nos bières. Je n'avais fumé qu'un seul joint, et j'ai passé trois heures mort de rire avec l'un des pires clodos que j'ai fréquentés, fracassé au crack jusqu'aux yeux, qui n'arrêtait pas de parler et de tourner autour du banc, de plus en plus vite. Commentant son quartier, les gamins qui jouent ensemble dans la rue puis se trucident à coups de balles ou de lames quand ils ont atteint l'âge con de tuer pour de l'argent, pour une femme, pour l'orgueil. Sa chemise a peut-être occupé le tiers de notre discussion, et la manière dépitée et résignée qu'il avait de décrire la façon dont se durcissent ses vêtements, de crasse et d'être toujours portés, était réellement irrésistible. Je n'aurais pas fumé ce joint magique que je n'aurais pas moins croulé de rire. J'ai découvert un Radamen comédien, bourré de talents. J'ai approché la lucidité d'un forcené de la dérision et de la perdition. Un type qui n'a rien sur Terre et qui s'en bat délibérément. Un type qui acquiert sa lucidité à grandes bouffées de crack.
Et qui, l'instant après avoir fait la preuve de son intelligence, pète un plomb et veut m'emmener chez une maquerelle spécialisée dans les gamines à 10 pesos. Radamen, putain, non, après ces heures de délire partagé, tu veux m'emmener baiser des gamines ? Décidément, lucidité mal acquise ne dure pas.
Non que son comportement et ses murs, que d'autres que moi qualifieraient de douteuses, m'aient choqué. A refuser systématiquement toute prise de position, à adopter le relativisme passif proche du « j'm'en foutisme » - comme grille de lecture du monde externe, ma limite de tolérance se trouve considérablement éloignée de celle communément acceptée par mes congénères. Ce qui rendrait furieux mon voisin me fait doucement sourire, Ce qui l'enthousiasme me glace. Ce qui l'attriste me laisse indifférent, voire titille mon intérêt. Alors, Radamen inhalant sa piedra et laissant divaguer ses désirs au point de rompre des normes adoptées et considérées comme universelles ne me choque pas, mais attise en moi ce scepticisme qu'on me reproche parfois. Un scepticisme qui mène à une vision pessimiste de la vie, à considérer la nature humaine et ses dérives comme inaltérables par aucun subterfuge de la pensée. Et qui mène bien évidemment à une passivité, exagéré quand on considère que certains plaisirs méritent d'être défendus.
LUCIDITÉ
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